hum, quel menu! Ca fait envie!

6

Commençons par une spéciale dédicace à une gaufre, restée seule rescapée d'un paquet de 10. Je connaissais ces gaufres du nord, qui font partie du folklore belge, liechtensteinois et hollandais. Pas un film, pas une pub du Benelux sans son coin de baraque à gaufre, plus de nombreuses citations dans les films américains, du genre: "hey Connie, where are the belgian waffles?". Par contre, je n'en avais jamais goûté, et pourtant j'étais à Bruxelles en Février! Je ne me doutais pas d'à quel point c'était bon, la prochaine fois, je ne raterai pas le coche. Je croyais que c'étaient de simples gaufres, comme en France, et sans garniture en plus, alors bof.
Mes amis Doun et Momi (ce sont là bien évidemment des pseudos) sont partis à Amsterdam plutôt que de se rouler dans le sable des plages du sud. Soit. Et ils m'ont ramené ce merveilleux cadeau: 10 gaufres Gouda's Guilde, fourrées au caramel. Ce détail a de l'importance, puisqu'il confère à la gaufre une souplesse presque élastique absolument fascinante. ils me font ce cadeau un soir, chez eux, et aussitôt, j'en goûte une. Mhh, mais que c'est bon! Ils sont bien d'accord. Chaque matin de leur séjour, ils allaient se régaler de gauffres au caramel à la pâtisserie du coin.
Je me surpends à déguster la gaufre, c'est-à-dire à la manger tout doucement, ce qui n'est pas dans mes habitudes. J'ai compris pourquoi le lendemain, quand j'ai voulu manger deux gaufres dans la même journée. Ah ben non, ça faisait trop, et là malheur, j'ai retourné la jolie boîte, et j'ai lu la composition, plutôt simple: glucose 41%, direct dans le sang, beurre 22%, direct dans les fesses, et les 37% restants, c'est lait, œufs, et encore sucre, mais un autre que le glucose, subtile alliance. Energie par gauffre (40g) : 178 calories. Cela ne surprendra pas les becs sucrés, pour ma part j'aime le sel et je fais souvent l'impasse sur les desserts. En fait, le sucre me fait limite tachycarder (je sais que ce verbe n'existe pas), mon corps ne doit pas en avoir trop besoin. Alors pourquoi craquer sur ces gaufres? La texture! incroyable! Molle et croquante à la fois. Sensation totalement confortable et rassurante, style "moquette épaisse de caramel". Ca m'a harponné. Pour finir, il ne reste qu'une gaufre, et sa fin est proche, alors je rends hommage à ce produit lointain, et j'irai faire un tout chez Léonidas au cas où ce soit en vente libre.

Ensuite, le bouillon de bœuf, le risotto, et comment tout cela a capoté.

J'aime bien mes bouchers, ils sont sympas. Et même l'autre jour, le plus jeune fumait une cigarette dehors, et il m'a reconnue.Bon ça encore, c'est normal, ça fait 6 ans que je vais chez eux plusieurs fois pas semaine. Quand même, c'est sympa. Alors j'engage la conversation:
- " alors, vous prenez une pause
- eh oui!
- eh bien bonne pause
- merci, au-revoir! "
Quelle émotion! N'empêche, ça m'a donné l'idée, la fois d'après, de lui demander s'il avait des os à moelle, car j'ai depuis longtemps une recette de risotto au safran qui commence avec de la moelle, et cela m'intrigue. "Pas de problème, mais aujourd'hui nous les avons déjà donné, revenez demain, je vous en mets de côté", me dit mon boucher.
Le lendemain j'assiste en direct au desossage d'une énorme pièce de veau, et il me tranche un gros os en trois à la scie à ruban (moment toujours dramatique). Ceux qui savent rient déjà sous cape: il n'y a pas vraiment de moelle dans les os de veau, mais moi je ne le sais pas encore et je suis trop contente avec ce kilo d'os qui va me permettre de réaliser deux rêves: le risotto "tipico", et vu la quantité d'os, un vrai bouillon de veau, que je congèlerai ensuite dans des sachets à glaçons, et qui donnera un relief incomparable à tous mes ragoûts de l'hiver et autres bolognaises. Pauvre naïve.
Déjà, visuellement, ces os m'impressionnent, roses dans le papier et le sac plastique roses de la boucherie. Tant de violence d'os brisés dans un tel écrin, c'est trop fort, je les dessine.

4

Ensuite je trouve une recette de bouillon: j'enfourne les os, d'abord une demi-heure tous seuls. J'ai justement lu qu'un os se cuit une demi-heure: c'est parfait, à la demi-heure, je récupère la moelle, et demain je fais mon risotto. Seulement une demi-heure plus tard, il n'y en a pas, de moelle, et je comprendrai à cet instant pourquoi les recettes d'os à moelle sont faites avec des os de bœuf. Bon, ratage, ok, bon, c'est la vie hein! Pas grave, allez, on ne se laisse pas abattre: je mets la moitié de mes projets dans la corbeille, et je continue le bouillon en réenfournant mes os avec des tomates et des oignons, du cèleri et de l'ail. Le plat avant cuisson est plein de promesses, je le trouve charmant, alors je le prends en photo pour voir, mais non, toujours aussi jaune. Alors j'ai repris la photo en dessin:

7

Et je m'affaire à autre chose: sur la recette, il est indiqué une heure au four. Bon c'est plié, au bout d'une heure, tout est à moitié carbonisé, et je n'y crois plus du tout. je tente quand même de transvaser le contenu du plat dans un fait-tout pour au moins ajouter de l'eau, et voir le bouillon de mes yeux. je porte à ébullition et j'obtiens à peu près ça:

1

Je sais que les deux derniers dessins ne sont pas terribles, mais cela vient du ratage de la recette.
Je goûte: hum, délicate amertume de l'oignon brûlé, allez ça suffit, on arrête les frais et je bazarde tout par la poubelle.

Eh bien voilà mes projets au fond du gouffre, mais ce n'est pas grave, car je crois que ces os me faisaient peur, et d'ailleurs je déconseille cette expérience aux végétariens, même s'ils ne risquent pas de la tenter. J'ai repéré des os à moelle, des vrais, dans une grande surface de la ville, et je prévois donc une expédition prochaine pour retenter le risotto. A suivre donc.
Je précise que cette mésaventure n'entame en rien ma confiance en mes bouchers!

Mille pensées de bonheur total à vous tous,

La sieste