Eh oui, un bon petit menu de saison, comme dans un petit restau quoi! Avec Ringo Churros, on a décidé de régaler nos petits invités. Je m'occupe du salé, et elle du sucré. Super, sauf qu'on a du se battre avec les produits toute la soirée! Alors pour le restau, il ne risque pas d'ouvrir celui-là.

Je ne veux pas donner l'impression de jeter la pierre, mais je pense que tout est la faute à Ringo!
Lors du repas des bloggeuses, celui au restaurant viêtnamien, elle m'avait exposé son point de vue sur les produits en cuisine, et comment les gens qui font des recettes à la télévision n'ont que ce mot à la bouche: "ha, mais pour bien cuisiner, il suffit d'avoir les bons produits!" "non mais regardez la qualité de ce produit!" "avec un tel produit, le cuisinier ne doit pas intervenir trop puissammment" "le produit en croix, c'est le produit fini de la quintessence du goût, à mon avis bien sûr" etc etc.

Elle a comparé ça au "volume" des architectes d'intérieur à la télévision, ce qui a fini de me convaincre: "il nous a fallu révéler le volume" "nous étions interpelés par le volume à s'approprier" "la chambre à coucher des enfants devait encadrer son volume dans l'espace plus global du volume de l'antichambre" etc etc.

Depuis, je souris beaucoup dans ma tête en regardant la télévision, car en effet ces deux termes sont inévitables, alors c'est facile de les repérer. Donc le produit, base de la cuisine, eh oui, et comment pourrait-il en être autrement? Pour bien nous rappeler qu'ils n'étaient pas là pour du beurre et qu'il ne servait à rien de vouloir les moquer, nos produits ont donc été résolument récalcitrants, mais pas tous quand même.

Je salue donc pour commencer la quenelle, qui s'est très bien tenue.

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J'avais déjà testé cette petite recette Picard toute simple: bouchées de poulet au sésame et fruits frais, en enlevant d'emblée les fruits frais. Les bouchées avaient eu un total succès lors d'un apéritif/soirée dansante pendant laquelle nous avions bien remué notre booty sur du 50 cent. Une valeur sûre:

BOUCHÉES DE POULET AU SÉSAME:

Ne pas décongeler les deux escalopes de poulet que vous risquez d'acheter chez votre boucher: ce serait vouloir rendre deux fois hommage à Picard. Faire chauffer dans une poêle 20 g de beurre, 2 cà s de sucre roux, 2 de vinaigre doux, 1 de gingembre, 1 de sauce soja, 1 c à c de nuoc mam. Faire réduire légèrement. Ajouter une pointe de piment en poudre et vos escalopes débitées en petites bouchées. Laissez cuire 5 minutes à feu doux en remuant souvent, pour bien enrober votre poulet de son nouveau petit T-shirt exotique.

Dans une autre poêle, faire griller 10 g sésame.

Retirer le poulet quand il est bien laqué et que la sauce a complètement réduit. Passer les morceaux dans le sésame, proposer à vos convives dans un beau bol, avec des piques en bois, des petits cure-dents quoi.

Facile comme tout, et délicieux.

Bon, hier, je voulais (encore) faire du carpaccio mais comme d'habitude, mon boucher n'avait plus de filet, donc je ne m'énerve pas et je me rabats sur un morceau de bœuf de 2 kilos, et voilà, faut pas me chercher.

Donc pour les bouchées apéritives, je ne voulais pas en rajouter côté viande, et la quenelle nature, quel beau produit, a levé son doigt de quenelle, dans le magasin, tout là-bas, et je l'ai vue.

Les quenelles poêlées, c'est trop bon: il suffit de les couper en rondelle, et de les faire sauter dans du beurre, ensuite vous baissez le feu, vous couvrez, et vous attendez qu'elles soient dorées comme des soleils. Vous pouvez les accomoder comme bon vous semble et les servir dans une salade de mesclun, et vous voici à Lyon! Bienvenue!

Donc procédez comme avec du poulet, et une fois que les quenelles sont bien enrobées, transvasez-les dans un plat + papier sulfurisé, et au four th 6 jusqu'à ce qu'elles soient toutes gonflées, et ensuite dans le sésame, ça colle impec, et voilà de belles petites bouchées bien surprenantes. Tout le monde croit que ce sont des coquilles st-Jacques mais non! Je vous rassure, la déception est de courte durée. Je pense d'ailleurs que ce serait délicieux avec des coquilles st-Jacques pas trop chères, ou avec de l'aubergine aussi, tout est possible dans la vie!

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Ensuite, soupe aux pois cassés. Cette soupe est un trésor, elle est délicieuse: c'est normal, je lai trouvée dans le magazine "Saveurs".

VELOUTÉ DE POIS CASSÉS À L'HUILE D'OLIVE
Préparation: 15 minutes
Cuisson: 1h10 minutes.

Pour 6 personnes:
500 g de pois cassés
300g de blancs de poireau
3 litres de bouillon de volaille
1 bouquet garni
2 gousses d'ail
1 bouquet de persil
3 dl d'huile d'olive picholine d'Estoublon (le produit qui change tout je pense)
2 dl de crème fleurette
sel et poivre.

1- lavez les pois cassés. Lavez les blancs de poireau, émincez-les et faites les suer dans l'huile d'olive sans coloration.
2- ajoutez l'ail écrasé, les pois cassés, le bouquet garni et mouillez avec le bouillon de volaille. Portez à ébullition et laissez mijoter pendant une heure en surveillant.
3- Deux minutes avant de stopper le feu, ajoutez le persil ciselé. rectifiez l'assaisonnement, liez avec la fleurette, mixez très fin et émulsionnez ave l'huile restante. Servez chaud.

Impeccable, tout le monde adore, oh mais c'est bon! Toute la soupe y passe.

Ensuite la viande, cuite à la "bon vieux rôti des ménages", que je voyais déjà le lendemain, froide dans le frigo, m'appelant pour devenir le sandwich qui tue. Je n'ai pas ficelé le rôti: juste bien beurré, poivré salé, et revenu sur toutes ses faces dans une poêle pour le dorer, pendant un quart d'heure, puis au moment de le manger, 15 minutes au four très chaud, puis 10 minutes four éteint, et bonheur dans ton cœur. Gratin orthodoxe, sans ail ni fromage, juste de la pomme de terre et de la crème.

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Ca paraît idyllique. Comme j'étais frustrée de ne pas avoir pu faire de carpaccio, j'ai voulu rajouter des échalotes confites dans le vin rouge pour accompagner la viande, et en m'y prenant deux heures à l'avance, elles sont restées plutôt croquantes, après s'être enfilé 1/2 litre de côtes du rhône à quatre, les pochetronnes!

Si quelqu'un veut bien me donner le secret de l'échalote confite qui fond comme un bonbon, je lui lèche les pieds, virtuellement s'entend.

Tiens, il m'en reste:

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Ensuite, fromage, bon ben ça facile avec mon affinage spécial "bas du frigo pendant un mois, puis sorti deux heures à l'avance", tout est bon! Le st marcellin coulait dans sa coupelle en plastique, l'appenzeller ne la ramenait pas trop, le simple brebiou, bien affiné, a révélé tout son arôme et sa fraîcheur, et le morbier terminait sur une note plus "écorce de sapin". Ouh, ça me donne envie d'aller me faire un petit casse-croûte du côté du frigo.

Bon, c'est le dessert qui nous a posé problème, et c'est pourquoi je pense que c'est le produit qui s'est vengé sur Ringo! Attention, pas de panique, ça c'est bien terminé mais bon. Déjà, Ringo est venu cuisiner à la maison, et ça c'est toujours un défi, parce que c'est difficile de cuisiner dans une autre cuisine que la sienne. Mais Ringo, elle aime relever les défis! Alors on a tenté le fondant au chocolat: précisons que ni elle ni moi n'en avions jamais fait. Et pour corser le tout, la crème anglaise qui va avec: jamais tenté non plus.

Ringo avait acheté tous les produits à Carrouf Part-Dieu, au milieu des adolescents desœuvrés par les vacances scolaires.

Elle avait peur de l'incorporation des blancs en neige, moi de l'ébullition de la crème anglaise, tension palpable du côté de la gazinière.

Quelle garce de crème anglaise. Le produit gousse de vanille a décidé de faire la gueule et de ne rien parfumer du tout. Après 30 minutes de remuage en règle sans que la crème ne nappe aucune cuillère-test, Ringo se décide à monter un peu le feu, et là, qui voilà? Le mini bouillon tant redouté, oh l'angoisse! Vite elle baisse, mais bien sûr, la crème s'est toute décomposée, on est stoppées net dans la cuisine

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"vite, on va regarder les astuces sur internet" "non attends, je crois que je sais": on transvase illico dans un cul-de poule, on remue énergiquement avec un fouet, la consistance se lisse, Ringo fait couler un bain d'eau froide dans lequel on plonge le cul du cul-de-poule, et tout paraît sauvé.

A la fin du repas, on met au four les fondants préparés à l'avance, bien rangés dans leur ramequin, et bien sûr, alors que Ringo avait lu la recette 1000 fois, on ne vérifie pas le thermostat de cuisson, et moi je lui dis d'un ton péremptoire: 10 minutes th. 6, et bien sûr, c'était th. 7, mais ça, on a bien été obligées de le vérifier quand on a retourné le premier fondant qui s'est vautré sur la planche à découper. Pas de panique, on le remet dans son moule ni vu ni connu.

Comme on en est à la fin du repas, on continue tranquillou nos diverses conversations, et là, ça y est, ça sent le cuit! Ringo se rue dans dans la cuisine, mais tel Schumacher, laisse une trace de pneu sur le carrelage en glissant dans le virage nord: elle arrête par miracle sa course folle à quelques centimètres de la porte du four. Bon, c'est pas bientôt fini ces fondants?

La crème anglaise attend son heure dans les assiettes.

Deuxième tentative de démoulage des fondants: ça marche, on les fait glisser dans la crème, superbe, mais à la dégustation: pas de fondant, tout est cuit même si on garde un moelleux certain, et la crème, cette garce, sous ses aspects OK, est restée granuleuse en texture, et n'a tout simplement pas de goût.

Heureusement, Ringo a eu la superbe idée d'ajouter du chocolat blanc à la noix de coco, qui a délicatement fondu sur le dessus des fondants, et ça c'était le top. Merci le produit!

Allez, pour inverser l'impression laissée par le fondant, je m'en vais faire cuire celui qui reste, à la bonne température, et je le couvrirai ensuite de brisures de chocolat blanc à la noisette, il me reste deux carrés d'une tablette "coup de cœur pendant les courses" Ritter Sports:

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Rien à faire, il ne fond toujours pas ce fondant! Bon il est très bon, mais je pense qu'on a trop battus les blancs en neige, car la consistance reste proche d'une mousse au chocolat. Les blancs, il faut dire qu'on pouvait les escalader avec une pioche!
Si une cuisinière avertie a une théorie sur la question, nous sommes à l'écoute.

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Mais oui t'es beau quand même, va!

Ce matin, séquence "restes": quel bonheur d'ouvrir le frigo et de redécouvrir toutes ces merveilles, alors que justement j'avais faim! Pour sublimer encore le rôti, j'ai craqué, et pour la première fois de ma vie, j'ai fait une sauce tartare maison, HOHOHO, mais quel supplice de bonheur! Alors pour se quitter comme des amis, je vous offre ce sandwich de rêve, ouh, baby!

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La sauce tartare de Françoise Bernard:

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1- Dans un bol, mélangez bien avec un fouet: un jaune d'œuf, 1/2 cuillérée à café de vinaigre, sel, poivre, 1 c. à café de moutarde.

2- Quand le mélange est bien homogène et lisse, ajoutez-y l'huile (100 g) presque goutte à goutte pour débuter, puis quand la sauce commence à prendre, versez l'huile plus abondamment. Tournez rapidement et sans arrêt pendant toute la durée de la préparation. Ajoutez encore 1/2 cuillère à café de vinaigre à la moitié de l'opération.

3- Hachez finement un petit oignon et des fines herbes (persil, ciboulette, estragon, cerfeuil). Coupez les cornichons (4 ou 5) et les câpres (1 ou 2 c. à café). Incorporez à la sauce bien relevée.

Je vais congeler la sauce qui reste après confection de multipes sandwichs. Je dis ça au cas où comme moi, vous hésitiez à faire autant de sauce pour deux.

PS: nous tenons à remercier les invités pour leur appétit et leurs bons mots: la saucisse, fiston, dudule, messieurs guépard et churros, rdv au prochain gueuleton!