Mais faites-la taire!
Pas encore: voici mes dernières réponses avant de repasser à des comptes rendus de recettes, quand même, je ne peux plus laisser ma cuisine en plan! Je vais donner l'impression de passer mon temps devant la glace du salon!

5 choses à manger avant de mourir, questionnaire offert sur un plateau d'argent par Miechambo.
Coucou Mimi, alors, ça fait quoi d'être confipote?

Je classe ces envies dans le désordre d'importance, de passion, de déraison.

En première position:

rep5_0001

Une tranche du "pâté en croûte", mais peut-on l'appeler ainsi, de Bernard Pacaud de l'Ambroisie, restaurant à Paris.
Quand j'ai vu par hasard le reportage qui lui était consacré, le 14 avril 2006, sur France 3, j'ai vu tout ce que je rêvais de voir dans une cuisine.
Des présentations et des préparations d'une évidence... Insurpassable. Tout était trop beau, les petites tartelettes pointues alignées, bien rangées pour cuire, la fournée de petits choux dont le chef Pacaud voit immédiatement qu'ils manquent de sel, ou qu'ils ont trop cuit, ou je ne sais plus, et le cuisinier qui répond qu'il a déjà mis une autre fournée en route. Cette espèce d'excellence fiévreuse et tranquille à la fois, quel personnage!

Alors quand je l'ai vu faire son pâté, mais-quand-je-l'ai-vu-faire-son-pâté! Cette scène est pour toujours dans ma tête! Sa manière de le tourner et de le tasser pour qu'il entre dans le moule rond, la générosité des ingrédients, du filet de canard, que sais-je encore, et les feuilles en pâte pour le décor, et au moment de servir, ces deux belle tranches dorées et viandues... J'attends toujours que le serveur arrive jusqu'à moi, je sais que ces tranches sont parties pour ma table, patience...
J'ai lu le parfait compte-rendu de repas à l'Ambroisie de Patrick Chazallet, sans trouver mon pâté, alors si quelqu'un a déjà eu la chance, ou plutôt la bonne idée d'avoir tout mis en œuvre pour se retrouver face à ce pâté en croûte haut de gamme, merci de m'en décrire chaque millimètre et chaque seconde.

rep5_0002

En deuxième, du caviar, mais une bonne dose, car ma cousine Julie nous en avait ramené de Finlande et il me semble que j'adore ça, mais je n'en suis pas encore assez sûre: il m'en faudrait plus!

rep5

En troisième, je voudrais manger une poularde de Bresse préparée par un ou une bressane qui s'y connaît, sur place, pour enfin découvrir un produit que j'ai du mal à apprécier en ville. Je trouve le poulet, la volaille, meilleur à la campagne, où il est plus près de sa paille peut-être. Le goût du poulet fermier nécessite le grand air pour se développer, voilà ma théorie. Et j'adore les reportages de fin d'année sur les concours de volaille de bresse, celles aux pâtes bleues, avec leur crête délicatement coiffées comme pour le bal, mortes vanités qui font la fierté des rustiques paysans du cru.

rep5_0003

En quatrième, je voudrais retrouver la magie de ces après-midi d'automne en Aveyron, quand à Marin, petit village adorable et maintenant tout retapé où mes parents ont eu la bonne idée de s'installer pendant l'année de mon CP, Laurette faisait cuire ses canards gras, faisait ses confits, et à la fin, nous régalait de fritons: les os de canards avec leurs lambeaux de chairs surconfits, encore accrochés là, pensant s'en être sortis mais non! Nous étions là, les enfants, à rôder jusqu'à s'en voir offrir un, et quel parfum, quelle profondeur de goût! Avec la grande cheminée allumée, la nuit qui tombe, trop beau souvenir!

Je repasse régulièrement voir Laurette, tous les dix ans en fait. Je suis alors saisie d'émotion en revoyant le gros plancher marron foncé de la grande pièce qui nous servait de cantine trois étoiles, car chez Laurette, c'était l'auberge du hameau, mais aussi la cantine pour nous, chanceux écoliers! Elle cuisinait divinement bien, et en particulier la poule au pot, que je crois de nombresues célébrités venaient déguster discretos le dimanche, loin des paparazzi de l'époque qui étaient moins trash que ceux d'aujourd'hui de toutes façons!
J'ai adoré vivre le début des années 80 là-bas, quand les campagnes n'étaient pas encore des musées, mais bon, je vais pas faire ma vieille chouette! Et je pense bien fort à ma super-amie Cristal Palace qui, charmée par le personnage de Laurette, a eu la délicatesse de donner ce prénom à sa fille.

rep5_0004

Et en cinquième, toujours pas de sucré, eh non, ce n'est pas ce qui me chavire!
En cinquième, je voudrais faire une fondue, ha, je ne pouvais pas l'oublier celle-là! Mais avec du vrai fromage suisse. Ou alors plutôt, plus simple, je voudrais aller manger une fondue bien authentique dans un chalet suisse. Avec du vacherin fribourgeois dedans, plein! Et pour être raccord avec la réponse précédente, ça ne me dérange pas s'il y a un entrepôt en plastique devant le chalet, ou encore si la cuisine est repeinte couleur saumon, j'aime bien quand la carte postale est d'aujourd'hui quand même!

Qu'est-ce que je suis terroir! C'est affligeant! C'est certainement du à la saison, je ne pense pas que mes réponses seraient les mêmes au mois d'avril.

J'espère que je vous ai bien fait voyager, moi je me rends compte en terminant ce questionnaire que c'est ce que j'adore: s'il me restait 48 heures à vivre, je commencerai donc pas louer une bonne voiture bien confort, et je me ferai conduire par monsieur guépard pour un ultime voyage gastronomique, entrecoupé de siestes crapuleuses et réparatrices. Comme ça me fait envie! Mais bon, vivement pas la mort pour autant!

Je fais maintenant passer ces questionnaires, pour peut-être leur dernier tour de piste, mais alors en fanfare s'il vous plaît! Et pour précision, j'adore les fanfares qui jouent un peu trop fort, ou un peu faux!

les deux à Ringo Churros, ma copine qui vient de créer son blog comme ça, sur un coup de frange!
Et aussi à Raymonde, que je rêve de connaître mieux. J'hébergerai ses réponses avec plaisir si elle se prête au jeu.

Ensuite, je passe le questionnaire farfelu à Miechambo, pour laisser ta fantaisie s'exprimer chère Mimi. Et à Mitsuko, parce que j'ai bien aimé lire ses réponses au questionnaire sur les blogs, et j'en veux encore!

Et les cinq choses à manger avant de mourir à Alhya pour mieux savoir ce qu'elle aime vraiment manger, puisque tout à l'air bon dans sa cuisine: que se cache derrière cette perfection? Et à Dorian, pour voir si parmi la dizaine de milliers de recettes qu'il doit certainement avoir en projet, lesquelles crient le plus fort.

PS: Le prochain message aurait du se titrer: "je ne suis pas plus conne que Pépito", mais je ne veux pas heurter les sensibilités ni passer pour une charretière, donc il s'appellera autrement, mais je parlerai bien de comment j'ai sans vergogne plagié l'homme au sombrero!