2

Heum, oui, bon ben, faut bien que je l'avoue: depuis jeudi, je fais des tartines à la fondue tous les jours! Voilà! C'est dingue non?
Comme quoi, elles sont délicieuses, non, terme trop faible, elles sont envoûtantes... Elles sont démentielles! Voilà, c'est ça, c'est l'enfer de la passion, ah oui c'est vrai, je l'avais déjà un peu défini comme ça dans le message précédent.

Bien sûr, la première tentative était bonne, mais j'avais trois objections:
1- le lait affadissait le goût, et ne faisait pas partie des ingrédients de base de la fondue d'ailleurs, donc ouste!
2- 1/2 gousse d'ail, c'était trop: j'ai donc frotté le pain avec de l'ail, comme on le fait pour le caquelon (j'aime ce mot!)
3- Je n'ai pas bien compris pourquoi le gruyère râpé n'avait pas fondu, ça se voyait sur les photos, donc méfiance: le gruyère déjà râpé ne fond pas! En quoi est-il donc fait? Certainement pas en fromage! Donc je le remplace par du gruyère de savoie "en barre", du vrai, du lourd, ce qui me donne l'occasion de vous faire ce cadeau, si par hasard vous aimez le fromage:

5

Et maintenant les tartines sont parfaites, mais à un point: on a de la fondue, tout simplement.
En ce moment, elles sont toutes mousseuses dans le four. Il faut bien les laisser refroidir avant de les manger, pour le croustillant du pain.

Seul inconvénient: visuellement, les tartines ne sont pas terribles. Et elles ne pourront jamais l'être, car je ne veux plus changer une once de cette recette, qui est parfaite. Inutile de chercher, elles resteront banales visuellement. Je ne vois que deux améliorations possibles, et qui n'ont pas d'influence sur la présentation: ouvrir une bouteille d'alcool à brûler dans la pièce quelques minutes avant la dégustation, pour retrouver l'ambiance réchaud dans un chalet de montagne, et ajouter un trait de kirsch dans le mélange œuf + vin blanc.

En fait, à les regarder longuement, elles me rappellent l'iconographie des années 60, dont voici un exemple qui est pour moi une photo culte, illustrant une recette d'un article intitulé "quand le fromage fait la cuisine", tiré du Jardin des Modes cuisine de mars 72. Autant dire que j'essaie de ne pas sortir ce numéro trop souvent: danger! Passion!

3

Vendredi, nous étions conviés à un apéro chez Lawr, qui a une superbe cuisine neuve, que je compte squatter sans vergogne prochainement, en plus elle est d'accord! Mais une cuisinière invitée consciencieuse ne peut se résoudre à apporter des canapés bof visuellement, fussent-ils les mets les plus raffinés sous leur brutaux atours. Alors pour le plaisir de redessiner de la nourriture (message reçu Tatyval!), voilà ce que j'avais apporté en sus, plus beau, mais moins bon (avis personnel). Fanny Cottençon a testé et approuvé l'association: un rustique top calorie maxi bonheur pour commencer, et un plus estival et raffiné pour suivre, en toute bonne conscience.

1

Canapés de ciabatta, mozzarella, basilic et tomates séchées.
Pour les tomates séchées, c'est chez Débo que ça se passe!
Elles sont trop belles, je ne résiste pas au plaisir de vous en scanner quelques unes:

4

Couper la ciabatta en deux, la faire sécher à four th.6 quelques minutes. Humecter d'un filet d"huile d'olive, découper en petits carrés.
Dans un petit saladier, effriter à la main une boule de mozzarella en écrasant bien les morceaux (technique de monsieur guépard que j'adore désormais, qui condense la texture de la mozzarella), ajouter une barquette de basilic ciselé, un peu d'huile d'olive, sel et surtout poivre. Poser en appuyant une noix de ce mélange sur chaque toast, recouvrir d'une demi-tomate séchée (soit 1/8e de la tomate entière avant séchage si je calcule bien).
Et voilou!

Pour clore ce chapitre, la recette définitive des tartines de pain éperdu de fondue savoyarde:
Dans un petit saladier, battre un œuf et une cuillère à café de moutarde. Ajouter 10 cl de vin blanc, sel, poivre (ça sent déjà la Savoie chez vous).
Couper une demi-baguette de la veille en tranches de 1 cm d'épaisseur, en frotter une face avec une gousse d'ail, les tremper rapidement dans le mélange, en les retournant 1 fois. Poser sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé.

6

Râper gros 200 g de fromage (mélange de trois fromages à fondue: gruyère, vacherin, beaufort, abondance, même appenzeller si vous voulez, des fromages de par là-bas quoi!), humecter avec un peu de vin blanc, poivrer, recouvrir les tartines.
Au four th.6 pendant une vingtaine de minutes, quand c'est un peu doré, c'est prêt. Sortir du four, laisser refroidir sur la plaque pour éviter que le pain ne s'humidifie de sa propre vapeur.
Quand c'est vraiment refroidi, ben, régalez-vous!

PS: j'espère que c'est fini maintenant la fromage obsession, je vais me ressaisir et diversifier de nouveau mon alimentation!